L’oignon, on l’ignore. On le coupe en pleurant, on le balance dans la poêle sans réfléchir, et il finit noyé sous autre chose. C’est une erreur. Bien traité — feu doux, bonne huile, un peu de respect — il devient franchement bon.

Dans l’assiette, ça ressemble à presque rien. Quelques lamelles courbées, translucides, avec cette teinte ambrée qu’on n’obtient que quand on ne précipite pas la cuisson — pas brûlé, pas terne, quelque chose entre le miel chaud et le caramel clair. Ça sent l’oignon confit, l’huile d’olive chaude, et ce fond acidulé du citron qui arrive après, discret mais présent. La texture sous la fourchette : fondant, mais pas mou. Il reste une légère tenue, juste ce qu’il faut.
