C’était un samedi matin froid au centre-ville. Je me dirigeais vers mon café préféré, mon esprit était déjà occupé par le programme de la journée. La ville semblait vivante, animée de gens qui avaient chacun leur propre destination, leur propre vie.
Quand je me suis approché de la station de métro, quelque chose, ou plutôt quelqu’un, m’a arrêté dans mes traces.
Elle était là, mon ex, debout sur le trottoir, une figure de mon passé soudainement jetée dans mon présent.
Elle mendiait, ses mains embrayaient celles de trois petits enfants. Des enfants qui me ressemblent de façon frappante.
La rue était grise mais bondée, et pourtant c’était comme si nous étions les seuls là-bas.
Je suis resté figé, regardant la scène se dérouler comme une pièce surréaliste.
Les vêtements des enfants étaient portés, leurs yeux fatigués, miroir d’une fatigue que je ressentais profondément.
Mes pieds se sentaient collés au sol, chaque pas en avant une tâche impossible.
Les gens passaient sans regard, comme si cette scène était aussi ordinaire que la ruée du matin.
Mais pour moi, c’était tout sauf ordinaire.
