Je m’assieds à mon bureau quand le pseudonyme ‘Machine Gun Lips’ tranche à travers la réunion, changeant tout

Le bourdonnement des lumières fluorescentes remplit la pièce tandis que je m’assois à mon bureau encombré à l’agence de marketing. C’est un mardi après-midi, et nous sommes en pleine réunion, en train de discuter des dernières mises à jour du projet. J’essaie de suivre l’échange rapide d’idées, quand ça arrive.

« Lèvres de mitrailleuse. »

Le surnom coupe dans l’air, décontracté comme des bonbons, jeté dans la conversation par un collègue qui ne se rend probablement pas compte à quel point il tranche à travers le bavardage poli de la salle. Les mots s’accrochent là, maladroit et trop précis, réduisant ma présence dans un espace où je me suis battu pour être reconnu pour mes idées, pas pour mon apparence.

Je regarde autour de moi, je cherche une reconnaissance, une réaction des autres. Mais il n’y a rien. Pas de regards décalés, pas de bruits inconfortables. Juste le silence, qui se sent plus grand que les mots eux-mêmes.

En dehors du bureau, la vie continue dans son rythme habituel. Tôt les matins saignent dans les nuits tardives, un calendrier collant des appels de clients et des échéances à venir. Il y a un chat vieillissant à soigner, et un petit appartement dans un besoin constant d’attention. Pourtant, ici, au travail, je suis censé jouer, livrer, maintenir un placage de professionnalisme qui semble de plus en plus fragile.

Le surnom n’est pas le premier incident. C’est juste la dernière d’une série de petites coupures qui ont lentement érodé ma confiance. Il y a eu la remarque offhand pendant l’orientation qui semblait inoffensive mais a donné un ton; la table de déjeuner où le même taquinage n’arrive jamais aux hommes; murmure dans mon dos quand je ne suis pas invité à des discussions de stratégie informelles; la légère hésitation du manager quand j’hésite à parler dans les réunions.

La réunion de demain se tiendra à l’avance, un rassemblement où seront discutés les rôles de l’équipe et les chefs de projet. Je sens la pression monter, l’inévitabilité de devoir affronter les mêmes personnes, la même dynamique, encore une fois.

Je me demande si l’assistance ne m’exposera que plus loin, ou si rester silencieux me protégera d’autres doutes.

Le surnom persiste dans mon esprit, comme un avertissement, comme un fil tirant sur quelque chose de fragile sous la surface.

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