On a tous une idée un peu fausse de ce plat. Ça ressemble à un truc de fond de frigo, une recette qu’on sort quand il n’y a plus d’idées et que le moral est en berne. En réalité, c’est l’un des plats les plus honnêtement satisfaisants de la cuisine familiale — le genre qui disparaît jusqu’à la dernière goutte de bouillon, et pour lequel quelqu’un se lève de table pour gratter le fond de la cocotte.

Imaginez une cocotte épaisse posée au centre de la table, encore légèrement fumante. Le bouillon a viré à l’ambre clair, presque couleur miel, avec des reflets dorés là où les saucisses ont rendu leur gras. Les pommes de terre, gonflées et luisantes, se tiennent encore mais cèdent au moindre coup de fourchette. Ça sent l’aneth, le bouillon réduit, quelque chose de profond et de chaud qui remonte depuis le fond de la cocotte. Un plat simple. Vraiment bon.
