
L’Attaque Au Couteau En Plein Centre-Ville D’Ajaccio
Le cours Napoléon, samedi 20 décembre à la mi-journée. L’artère la plus fréquentée d’Ajaccio grouille de monde en ce week-end de fin d’année. Les terrasses sont pleines. Et soudain, la scène bascule dans le chaos.
Un homme de 26 ans déambule, couteau à la main. Il menace passants et commerçants sans distinction. « J’étais assis en terrasse avec mon employé », témoigne Anthony Bezard, propriétaire d’une pâtisserie du cours Napoléon. « Je vois un monsieur avec un couteau qui me passe au-dessus de la tête, j’ai réussi à le pousser un peu. »
L’agresseur a commencé sa course folle depuis la rocade, en trottinette. Premier arrêt : un bar, où il provoque une altercation. Une personne aurait été blessée. Exhibant son couteau, il se fait refouler. Mais il ne s’arrête pas. Deuxième bar, nouvelle confrontation sur le cours Napoléon.
Des passants tentent de réagir. L’un d’eux saisit une chaise et frappe l’homme, qui tombe au sol. La scène se déroule sous les yeux de dizaines de témoins médusés. Des vidéos circulent déjà sur les réseaux sociaux, filmées en direct par des habitants. Le centre-ville d’Ajaccio retient son souffle. Les forces de l’ordre arrivent sur place. La situation va rapidement dégénérer.

L’Intervention Policière Et L’Usage Mortel De L’Arme
Les forces de l’ordre encercle l’homme à terre. Il se relève, couteau toujours en main. Les policiers tentent de le maîtriser sans violence létale. Première solution : le pistolet à impulsion électrique. Un tir de taser. Puis un second. Sans effet.
L’agresseur se redresse et pointe sa lame vers l’un des policiers. La menace est directe, la distance courte. Le procureur Nicolas Septe le confirme : l’homme brandit son couteau « en direction d’un des policiers, en le menaçant ». La situation bascule.
Un collègue du policier menacé réagit. Il fait usage de son arme de service à trois reprises. Les balles atteignent l’homme au thorax. Il s’effondre, mortellement touché. Dans l’affrontement, un policier est légèrement blessé à la main par la lame.
Le cours Napoléon se fige. Les vidéos diffusées sur les réseaux montrent la séquence complète : les sommations, les tentatives de neutralisation, puis les coups de feu. La police scientifique débarque en début d’après-midi. Le secteur est bouclé, fermé à la circulation.
L’IGPN, la police des polices, est immédiatement saisie. Une enquête s’ouvre pour « homicide volontaire » et « violences aggravées ». Le procureur reconstitue chaque étape, chaque geste. Reste à comprendre ce qui a conduit cet homme de 26 ans à cette course folle.

Enquête Et Saisine De L’IGPN
Le parcours de l’homme commence à se dessiner. Le procureur Nicolas Septe retrace sa déambulation : départ depuis la rocade, en trottinette. Direction le cœur d’Ajaccio. Il entre dans un premier bar. Une altercation éclate. Une personne aurait pu être blessée, précise le magistrat. L’homme exhibe son couteau. On le refoule.
Il poursuit sa route sur le cours Napoléon. Deuxième bar, deuxième incident. C’est à ce moment que la police intervient. Les forces de l’ordre tentent de le maîtriser avec un puis deux coups de taser. Sans succès. La suite, on la connaît : le couteau brandi, la menace directe, les trois tirs mortels.
La police scientifique quadrille la zone. Chaque détail compte pour reconstituer la chronologie exacte. L’IGPN, saisie automatiquement après un tir mortel, démarre son enquête. Double volet : « homicide volontaire » et « violences aggravées ». La procédure est systématique, implacable.
Le cours Napoléon reste fermé plusieurs heures. Les enquêteurs collectent les vidéos circulant sur les réseaux, interrogent les témoins. Anthony Bezard, le pâtissier, revoit la scène : « Un monsieur qui l’a pris à coups de chaise, il est tombé par terre et il s’est fait abattre ».
Reste une question centrale : qu’est-ce qui a déclenché cette violence ? Le maire d’Ajaccio, Stéphane Sbraggia, apporte un début de réponse. L’homme venait du quartier Sainte-Lucie. Un secteur où la municipalité a récemment organisé une réunion sur « les questions d’errance et les individus qui, de par leur santé mentale, constituent un risque ».

Contexte Sécuritaire Et Réactions Officielles
Le profil de l’assaillant rejoint un dossier déjà connu. L’homme résidait à Sainte-Lucie, quartier où la mairie avait justement organisé une réunion publique sur l’errance et les troubles psychiatriques. « Des individus qui, de par leur santé mentale, constituent un risque », résume Stéphane Sbraggia. La municipalité avait sensibilisé la population. Les habitants connaissaient le problème.
Ce drame s’inscrit dans un contexte national tendu. Le 20 décembre, en pleine période de fêtes, la vigilance est maximale. Sur X, Laurent Nuñez réagit rapidement. Le ministre de l’Intérieur demande aux préfets et directeurs de « renforcer les patrouilles de voie publique ». Il salue la « réactivité » des policiers ajacciens : « Leur action a permis de mettre un terme à la menace ».
La directive est claire. En cette fin d’année, les forces de l’ordre doivent être plus visibles, plus présentes. Les marchés de Noël, les rassemblements festifs attirent les foules. Et avec elles, les risques.
À Ajaccio, la question dépasse la simple intervention policière. Elle interroge la prise en charge des personnes fragiles, la détection des signaux faibles, l’équilibre entre santé publique et sécurité. Le maire l’avait identifié. Les services sociaux aussi. Mais entre l’alerte et la prévention, le fossé reste béant.