Allemagne : un imam égyptien et quatre complices arrêtés pour un projet d’attentat à la voiture-bélier sur un marché de Noël en Bavière

Image d'illustration © Buzzday
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Attentat Déjoué : Cinq Hommes Arrêtés Avant Le Passage À L’acte

Vendredi 13 décembre 2025. Les autorités allemandes frappent fort. Cinq hommes tombent dans les filets de la police bavaroise. Leur projet ? Foncer dans la foule d’un marché de Noël avec une voiture-bélier. Tuer ou blesser autant de personnes que possible, selon les mots glaçants du plan découvert par les enquêteurs.

Un Égyptien de 56 ans, trois Marocains de 22, 28 et 30 ans, et un Syrien de 37 ans. Samedi, ils comparaissent devant un juge. Direction : la détention. La motivation ? Islamiste, affirment les enquêteurs sans détour.

L’Égyptien occupe une fonction qui glace le sang : imam d’une mosquée près de Dingolfing-Landau, dans la région de Munich. C’est lui qui aurait appelé à l’action, désignant un marché de Bavière comme cible. Les trois Marocains auraient accepté d’exécuter l’attaque. Le Syrien les aurait encouragés dans leur projet meurtrier.

« L’excellente coopération entre les services de sécurité » a permis de stopper net cette « attaque potentiellement motivée par l’islamisme », salue Joachim Herrmann, ministre de l’Intérieur bavarois, cité par le tabloïd Bild. Mais les autorités restent discrètes : ni lieu d’arrestation, ni marché visé, ni date prévue pour le passage à l’acte ne sont révélés.

Un complot déjoué. Une tragédie évitée. Mais pour combien de temps encore ?

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L’Imam Et Ses Complices : Anatomie D’un Réseau Terroriste

Un imam de 56 ans au cœur du complot. L’information frappe par son paradoxe. Cet homme qui prêche dans une mosquée des environs de Dingolfing-Landau aurait orchestré le projet d’attentat. Un religieux devenu recruteur de la mort.

Le schéma révélé par l’enquête dessine une répartition méthodique des rôles. L’Égyptien impulse, appelle à frapper. Les trois Marocains acceptent de conduire le véhicule meurtrier. Le Syrien encourage, motive, pousse à l’acte. Une mécanique terroriste classique où chacun occupe sa place dans la chaîne de destruction.

Les âges des exécutants présumés interpellent : 22, 28 et 30 ans. Trois générations qui se côtoient, trois profils distincts, mais une même acceptation du projet. Comment ces hommes ont-ils basculé ? Les enquêteurs creusent les liens, analysent les échanges, reconstituent le fil qui les a menés jusqu’à ce vendredi d’arrestation.

« L’excellente coopération entre les services de sécurité », martèle Joachim Herrmann. Derrière cette formule officielle se cache une réalité opérationnelle : surveillance, infiltration, recoupement d’informations. Les autorités ne détaillent pas leurs méthodes, mais le résultat parle : cinq suspects neutralisés avant le carnage.

Reste une zone d’ombre volontaire. Aucune précision sur le marché visé, aucune indication sur la date prévue. Cette discrétion protège peut-être d’autres pistes en cours d’exploitation. Ou évite de révéler les failles qui auraient pu permettre l’attaque.

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Un An Après Magdebourg : L’Allemagne Traumatisée En État D’alerte

Le spectre de Magdebourg plane encore. Décembre 2024, six morts, plus de 300 blessés. Une voiture fonce dans la foule du marché de Noël. Les images ont sidéré le pays, ravivant une plaie jamais refermée depuis Berlin 2016 et ses 13 victimes.

Le scénario se répète avec une régularité glaçante. La voiture-bélier est devenue l’arme privilégiée pour frapper au cœur des traditions allemandes. Simple, accessible, terriblement efficace. Les marchés de Noël incarnent tout ce que ces projets visent à détruire : la convivialité, l’insouciance, la joie collective.

Taleb Jawad al-Abdulmohsen comparaît actuellement devant les juges. Ce Saoudien islamophobe a reconnu avoir conduit le véhicule meurtrier à Magdebourg. Son profil déroute : psychiatre hostile à l’islam et au gouvernement allemand, il avance des motivations confuses mêlant politique et religion. Un cas atypique qui complique la lecture des menaces.

Le climat s’est durci depuis. Plusieurs attaques au couteau, certaines commises par des étrangers, ont enflammé le débat sur l’immigration. La campagne des législatives s’est cristallisée autour de la sécurité. Résultat en février : l’AfD décroche une deuxième place historique, surfant sur les peurs et les colères.

L’Allemagne vit désormais dans la vigilance permanente. Chaque attaque déjouée rappelle que la menace n’est pas hypothétique. Elle rôde, se structure, cherche la faille. Et les marchés de Noël restent des cibles de choix.

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Marchés Barricadés : Entre Fête Et Forteresse

La tradition résiste, mais à quel prix. Fin novembre, le marché de Magdebourg a rouvert ses portes. Sous haute surveillance policière. Entouré de blocs de béton peints en vert et rouge pour masquer la réalité : une forteresse déguisée en décor festif.

La sécurité coûte cher. Trop cher pour certaines villes. Overath, près de Cologne, a jeté l’éponge. Pas de marché de Noël cette année. Les mesures de protection engloutissent des budgets que les municipalités ne peuvent plus assumer. Le terrorisme gagne aussi par l’épuisement financier.

Pourtant, l’économie de Noël tourne. En 2024, plus de 7 000 marchés ont accueilli 170 millions de visiteurs. 4,2 milliards d’euros de recettes. 25 euros dépensés en moyenne par personne. Pour un vin chaud siroté entre des barrières anti-bélier, un bretzel acheté sous l’œil des caméras.

L’Allemagne refuse de renoncer à ses traditions. Mais elle les vit désormais derrière des remparts. Les familles déambulent, les enfants s’émerveillent, les stands scintillent. En surface, la magie opère encore. En profondeur, la peur s’est installée. Chaque visiteur sait qu’il évolue dans un lieu protégé parce qu’il est menacé.

Le paradoxe allemand tient en ces blocs de béton festifs : préserver la joie en assumant le danger. Continuer à vivre, mais jamais innocemment.