L’Aquamation Débarque En Europe : L’Écosse Autorise La Crémation Par L’Eau Bouillante
L’Écosse vient de franchir un cap historique. Le pays devient le premier territoire européen à autoriser officiellement l’aquamation, cette méthode funéraire qui dissout le corps dans de l’eau bouillante. La ministre écossaise de la Santé publique, Jenni Minto, a salué cette décision en qualifiant le procédé d’« alternative respectueuse de l’environnement ». Dès l’été 2026, les Écossais pourront opter pour cette crémation d’un nouveau genre.
Mais cette révolution ne se fera pas du jour au lendemain. Avant les premières cérémonies, des infrastructures spécifiques doivent voir le jour. L’entreprise Kindly Earth collabore déjà avec plusieurs acteurs locaux pour ériger les fameuses chambres pressurisées où se déroulera le processus. Scottish Water, la société nationale des eaux, devra également donner son feu vert pour gérer les effluents générés par ces installations. Les permis de construire sont en cours d’obtention.
Cette première européenne marque un tournant dans l’évolution des pratiques funéraires. Alors que la crémation traditionnelle continue de gagner du terrain – elle représente désormais 46 % des obsèques en France contre à peine 1 % en 1980 –, l’Écosse ouvre la voie à une alternative encore plus moderne. Une méthode qui promet de bouleverser notre rapport à la mort.
Corps Bouilli À 150 Degrés : Comment Fonctionne Cette “Crémation Verte”
Mais comment se déroule concrètement cette dissolution du corps ? Le processus débute lorsque le défunt est enveloppé dans un linceul biodégradable, généralement tissé en soie ou en laine. Pas de cercueil traditionnel ici : seul ce voile naturel accompagne le corps vers sa transformation finale.
Il est ensuite placé dans une cuve hermétique sous pression, remplie d’un mélange précis : 95 % d’eau et 5 % d’hydroxyde de potassium. Ce liquide alcalin est chauffé à près de 150 degrés. À cette température, le processus naturel de décomposition s’accélère drastiquement. Les tissus mous se dissolvent progressivement dans ce bain bouillonnant, ne laissant subsister que la structure osseuse.
Une fois le cycle terminé, les os sont soigneusement extraits de la cuve, rincés puis séchés. Ils passent ensuite dans un crémulateur, cet appareil qui les réduit en une fine poudre blanche, similaire aux cendres obtenues par crémation traditionnelle. Cette poudre est remise à la famille dans une urne, exactement comme après une crémation par le feu.
Le liquide résiduel, lui, contient des acides aminés, des sels minéraux et des sucres – les composants organiques dissous du corps. Stérile et dépourvu d’ADN, il peut être rejeté dans le réseau d’eaux usées après traitement. Un procédé qui interroge autant qu’il fascine.
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