Claude Berda, créateur du Club Dorothée et d’Hélène et les Garçons, est mort à 78 ans

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La Mort Du Magnat De La Télévision Française

La France de la télévision vient de perdre l’un de ses bâtisseurs. Claude Berda s’est éteint ce vendredi 19 décembre à l’âge de 78 ans. Le cofondateur d’AB Productions, cet empire qui a façonné l’enfance de millions de Français, tire sa révérence.

Le « B » d’AB Productions ne respirera plus. Aux côtés de Jean-Luc Azoulay, le « A », il avait créé en 1977 cette société devenue légendaire. Ensemble, ils ont inventé le Club Dorothée, produit Hélène et les garçons, transformé les après-midis des enfants français en rendez-vous incontournables. L’entrepreneur est devenu milliardaire en comprenant avant tout le monde ce qui ferait vibrer une génération entière.

« Un homme de médias qui, par son intuition, a offert aux Français les programmes qui ont bercé leur jeunesse », saluent ses enfants et petits-enfants dans un communiqué. Cette intuition, Claude Berda l’a déployée pendant plus de deux décennies à la tête d’AB Productions, avant de céder l’empire à Mediawan en 2017.

Derrière le businessman se cachait un visionnaire. Franco-Suisse né le 3 février 1947, diplômé en droit et gestion, il avait ce flair particulier pour sentir les tendances. Cette capacité à anticiper les attentes du public a fait sa fortune et marqué l’histoire de la télévision française.

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L’Empire AB Productions : Du Club Dorothée Aux Sitcoms Qui Ont Conquis La France

Cette intuition légendaire a donné naissance à un phénomène sans précédent. Le Club Dorothée débarque sur TF1 et explose tous les records d’audience. Chaque après-midi, des millions d’enfants se précipitent devant leur téléviseur. Dorothée, l’animatrice-phare, devient l’idole d’une génération entière.

AB Productions ne s’arrête pas là. Dans les années 1990, la machine se lance dans les sitcoms françaises. « Hélène et les garçons », « Le Miel et les Abeilles », « Les Filles d’à côté » : ces séries débarquent sur TF1 et captivent les adolescents. Le duo Berda-Azoulay transforme une société initialement spécialisée dans le disco en véritable usine à souvenirs d’enfance.

TF1 devient dépendant de cette production prolifique. AB Productions inonde la chaîne de programmes jeunesse et de sitcoms formatées mais terriblement efficaces. Les critiques grincent, le public adore. Les chiffres parlent : des audiences records, des produits dérivés qui se vendent par millions, un empire économique qui se bâtit sur les rêves d’enfants.

En 2017, le groupe Mediawan rachète AB Productions. La boucle se referme sur une épopée télévisuelle unique. Claude Berda a quitté l’aventure bien avant, en 2000, mais son empreinte reste indélébile. Ces programmes ont bercé toute une génération qui aujourd’hui les regarde avec nostalgie.

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Les Adieux Déchirants Des Proches

Derrière l’homme d’affaires, il y avait surtout un homme aimé. Les témoignages affluent et révèlent une vérité bouleversante : Claude Berda a marqué les cœurs bien au-delà des écrans.

Dorothée réagit la première. Sa « peine tellement immense » résonne comme un cri du cœur. « Mon Claude, ta + petite sœur + de cœur, comme tu aimais m’appeler, ne pourra jamais t’oublier », confie-t-elle à l’AFP. Ces mots simples disent tout d’une relation qui dépassait le cadre professionnel. L’animatrice-phare perd plus qu’un producteur : elle perd une famille.

Jean-Luc Azoulay est tout aussi touché. « Je perds comme un frère », lâche-t-il. Le « A » d’AB Productions raconte leur histoire : « On s’est connus quand on était étudiants tous les deux ». Deux jeunes hommes avec un rêve. En 2000, la séparation professionnelle aurait pu tout briser. Lui garde la production, Berda part vers d’autres aventures. Mais l’amitié résiste. « On était restés amis », précise Azoulay.

Ces témoignages révèlent l’autre visage de Claude Berda. Pas seulement le businessman millionnaire, mais l’homme « chaleureux et charismatique » que sa famille salue aujourd’hui. Un self-made man dont la trajectoire raconte une réussite à la française.

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Du Vendeur De Jeans Au Milliardaire De L’Immobilier

Mais comment devient-on Claude Berda ? L’histoire commence loin des studios et des plateaux télé. Le jeune homme né le 3 février 1947, Franco-Suisse diplômé en droit et gestion, débute par la vente de jeans à l’université. Rien de glamour. Juste un étudiant qui a du flair.

L’intuition fait son œuvre. Les jeans se vendent bien, alors Berda voit plus grand. Il ouvre des boutiques sur la Côte d’Azur. Le succès suit. De la fac aux boutiques, puis d’une société disco aux écrans de millions de Français : le parcours illustre une capacité d’adaptation hors norme.

En 2000, nouvelle rupture. Berda quitte AB Productions et mise tout sur l’immobilier. Suisse, Portugal : il bâtit un empire parallèle, loin des caméras. Le vendeur de jeans devenu producteur culte se réinvente en magnat de la pierre. Encore une fois, le pari gagne. Le milliardaire prouve que son talent ne se limite pas à la télévision.

« Un homme hors du commun, chaleureux et charismatique », résume sa famille dans son hommage. Ces mots résonnent comme l’épitaphe d’un self-made man à la française. Claude Berda s’éteint en laissant bien plus qu’un empire : il laisse une légende, celle d’un bâtisseur qui n’a jamais cessé de réinventer son rêve.