
La Reconnaissance Tardive D’une Attaque Majeure
La scène se déroule la semaine dernière, sur les ondes de RTL. Laurent Nuñez évoque une cyberattaque visant le ministère de l’Intérieur. Le ton se veut rassurant : pas de traces de compromissions graves, affirme le ministre. Les Français peuvent dormir tranquilles.
Sauf que la réalité rattrape le discours. Mardi 16 décembre, face au Figaro, le locataire de Beauvau change radicalement de ton. L’attaque ? « Très grave », lâche-t-il cette fois. Un revirement brutal qui révèle l’ampleur réelle de la crise.
Entre-temps, BFMTV a mis le feu aux poudres. Nos confrères révèlent des activités suspectes sur les serveurs de messagerie du ministère. L’alerte est maximale. Les agents reçoivent l’ordre de changer immédiatement leurs mots de passe. Les règles de sécurité se durcissent en urgence.
Cette volte-face du ministre interroge. Pourquoi minimiser d’abord, puis reconnaître la gravité quelques jours plus tard ? Les services ont-ils découvert l’étendue des dégâts progressivement ? Ou ont-ils tenté de contenir l’information avant que les médias ne s’en emparent ?
Une chose est certaine : la brèche est béante. Et ce que les hackers ont réussi à emporter dépasse l’imagination.

Un Butin Colossal : 70 Millions De Données Dérobées
L’imagination, justement, les pirates l’ont. Sur le forum BreachmForum, ils se vantent ouvertement de leur exploit. Le message est glaçant : « La France, pourquoi vous ne parlez pas des données sensibles auxquelles nous avons eu accès, comme le TAJ, le traitement des antécédents judiciaires ? Ou le fichier des personnes recherchées ? Et il y en a plus. »
70 millions de données capturées, selon leurs propres déclarations. Le chiffre donne le vertige. Mercredi, Laurent Nuñez confirme à l’AFP l’extraction de « quelques dizaines de fichiers » confidentiels. « On parle de millions de données », reconnaît-il sobrement.
