Explosion à Trévoux : Mael, 18 ans, tente de guider les secours vers ses deux petits frères piégés sous les décombres

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L’Explosion Qui Bascule Tout : Quand Une Mère Ouvre Sa Porte

Lundi soir à Trévoux, dans l’Ain, tout bascule en une fraction de seconde. Une mère de famille de 41 ans s’apprête à rentrer chez elle, au rez-de-chaussée du bâtiment 45A. Elle ouvre la porte. L’explosion la projette violemment. Ses trois fils sont à l’intérieur.

« Elle était dehors, elle a ouvert la porte et ça a explosé. Ses enfants étaient à l’intérieur. Ils étaient tous les trois sous les décombres », raconte Amandine, 40 ans, qui vit juste en face et connaît bien cette famille. La déflagration ravage l’appartement. Mael, 18 ans, Thomas, 5 ans, et Mathieu, 3 ans, se retrouvent ensevelis sous les gravats de l’immeuble de quatre étages.

La scène est glaçante. En quelques secondes, un quotidien ordinaire vire au cauchemar. La cause de l’explosion demeure encore indéterminée. Les voisins, sous le choc, voient les décombres s’amonceler. Personne ne comprend ce qui vient de se produire. L’urgence, désormais, c’est de retrouver les trois garçons coincés sous les ruines.

Dans ce chaos, un jeune homme refuse de capituler.

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Le Combat Désespéré De Mael Sous Les Décombres

Soufflé par la déflagration, Mael ne lâche rien. À 18 ans, coincé sous les gravats, il attrape son téléphone. Ses mains tremblent, mais son esprit reste lucide. Il envoie des messages à son groupe de football. Un par un. Pour indiquer sa position. Pour guider les secours vers lui. Vers ses petits frères.

Les pompiers arrivent sur place, confrontés à un amas de décombres. Impossible de savoir où chercher dans ce chaos. C’est là que les messages de Mael deviennent vitaux. Grâce à ses signaux répétés, les équipes de secours retrouvent sa trace. Ils creusent, dégagent, progressent vers lui.

Radwane Mounir, habitant du bâtiment voisin 45B, rejoint immédiatement les pompiers. Il aide à fouiller les ruines, à localiser les trois garçons. Thomas et Mathieu sont enfin extraits. Mais leur état est critique. Les secouristes tentent tout pour les réanimer. Massages cardiaques, gestes d’urgence. En vain.

« Grâce à ça, les secours ont pu retrouver sa trace. Ses deux petits frères, les secours ont essayé de les réanimer, mais il n’y avait rien à faire », confie Amandine, la voix brisée.

Le combat acharné de Mael n’a pas suffi à sauver ses cadets. Deux vies s’éteignent sous les décombres.

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La Tragédie Des Deux Petits Frères

Thomas, 5 ans. Mathieu, 3 ans. Deux noms qui résonnent désormais comme un drame absolu dans ce quartier de Trévoux. Quand les secours parviennent enfin à les dégager des décombres, l’espoir s’évanouit. Les deux garçonnets sont en arrêt cardio-respiratoire. Malgré l’acharnement des pompiers, rien n’y fait. Leurs petits corps n’ont pas résisté au choc.

Radwane Mounir, qui a aidé à les extraire des gravats, ne trouve pas les mots. Comment décrire l’horreur de voir ces enfants si jeunes sans vie ? La mère, elle, est transportée d’urgence à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon avec Mael et son mari. Tous trois sortent mardi matin, physiquement sauvés mais dévastés par la perte irréversible.

Jetmir Pangja, 25 ans, vivait à l’étage au-dessus. Il les croisait tous les jours dans l’escalier. « Deux petits enfants qu’on croise tous les jours, se dire qu’ils sont plus de ce monde, on se dit que c’est un cauchemar, qu’on va nous pincer et qu’on va se réveiller », confie-t-il, la gorge nouée.

La réalité est pourtant là, brutale. Deux cercueils à prévoir pour des enfants qui jouaient encore quelques heures plus tôt. Une famille brisée qui devra apprendre à vivre avec ce vide impossible à combler.

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L’Après-Choc : Recherches Et Solidarité

Tandis que la famille brisée tente d’encaisser l’innommable, les opérations se poursuivent sur le site. Mardi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez se rend à Trévoux pour témoigner du « soutien » et de la « compassion » du gouvernement. Il salue le courage des résidents qui ont secouru les victimes, comme Radwane Mounir, cet habitant du 45B qui a aidé les pompiers à dégager les corps ensevelis.

Mais l’inquiétude persiste. Une personne est encore portée disparue, probablement occupante d’un des logements du bâtiment effondré. Les secours ne relâchent pas leurs efforts. Une pelle mécanique fouille méthodiquement les décombres pour s’assurer qu’aucune autre victime ne gît sous les gravats.

Le site reste bouclé, quadrillé par les pompiers. Chaque mètre carré est passé au crible. Les voisins observent depuis leurs fenêtres, impuissants, oscillant entre espoir d’un miracle et crainte d’une nouvelle tragédie. La solidarité s’organise aussi : propositions d’hébergement, collectes, soutien psychologique. Face à l’horreur, Trévoux se serre les coudes.

Reste la question qui hante tous les esprits : qu’est-ce qui a provoqué cette explosion ? L’enquête, elle, ne fait que commencer.