La Fraude Sociale Atteint Des Sommets : 14 Milliards D’euros En 2025
Les chiffres donnent le vertige. Selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale, la fraude sociale représente 14 milliards d’euros pour la seule année 2025. Un gouffre financier que l’État ne peut plus ignorer dans le contexte budgétaire actuel.
La fraude sociale se divise en deux catégories bien distinctes. D’un côté, la fraude aux cotisations : des entreprises qui échappent au paiement des charges sociales. De l’autre, la fraude aux prestations : RSA, chômage et autres aides perçues indûment.
La répartition de ces 14 milliards révèle où se nichent les pratiques frauduleuses. Plus de la moitié du montant total, soit 52 %, provient du travail dissimulé. Les assurés sociaux représentent 36 % de la fraude, tandis que les professionnels de santé en constituent 12 %.
Mais les autorités ne restent pas les bras croisés. « Les taux de fraude sont stables », précise Dominique Libault, président du HCFiPS, tout en soulignant que la détection « progresse fortement ». Les nouveaux outils technologiques et les moyens supplémentaires portent leurs fruits : 2 milliards d’euros de fraudes détectées en 2024, et 0,5 milliard de pertes évitées.
Des résultats encourageants, certes. Mais pour le gouvernement, il faut aller plus loin. Beaucoup plus loin. Et cette fois, la technologie va transformer la surveillance des allocataires.
Votre Téléphone Devient Un Mouchard : Les Opérateurs Mobilisés Contre Les Fraudeurs
Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, franchit un cap. Un projet de loi, adopté par le Sénat en novembre et examiné par les députés fin février, introduit des méthodes de surveillance inédites. Objectif prioritaire : stopper le versement d’indemnités chômage à des personnes résidant à l’étranger.
« Nos autorités consulaires devront, plusieurs fois par an, organiser des rendez-vous en présentiel », annonce le ministre dans le Journal du Dimanche. Autre cible : les proches qui continuent de percevoir les pensions de retraite de personnes décédées, depuis l’étranger.
Pour débusquer ces fraudeurs, l’exécutif mise sur la technologie. Et cette fois, ce sont les opérateurs téléphoniques qui entrent en jeu. Le texte prévoit que France Travail puisse utiliser les relevés téléphoniques pour vérifier la résidence réelle d’un allocataire.
