13 juin 2026 Feed v2

Grenoble : 540 000 euros extorqués à une mineure de 16 ans contrainte à la prostitution par son petit ami

Rencontre Piège : Quand La Vulnérabilité Devient Une Cible

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Février 2022. Jasmine a 16 ans et vit en foyer. Pas de parents pour la soutenir, pas d’attaches solides. Ce jour-là, elle se rend à Hoche pour acheter du cannabis. Un jeune homme l’aborde. La conversation semble anodine. Mais rien n’est laissé au hasard. « Je pense qu’il m’a ensuite suivie jusqu’à mon foyer », raconte-t-elle au Dauphiné Libéré. Le piège se referme déjà.

Une relation démarre. L’adolescente croit trouver enfin de l’attention, quelqu’un qui s’intéresse à elle. En réalité, elle vient de tomber dans un engrenage parfaitement rodé. Le jeune homme a repéré sa fragilité. Une jeune fille isolée, en rupture, consommatrice de cannabis. Une cible idéale pour l’exploitation qui s’annonce.

Très vite, il l’introduit auprès de deux autres personnes. Un trio se forme autour d’elle. Jasmine résume sa situation d’alors en quelques mots glaçants : « Pas de parents, en foyer, rien du tout ». L’isolement total. Exactement ce qui la rend vulnérable, sans filet de sécurité pour la rattraper.

Ce que Jasmine ignore encore, c’est que cette rencontre va basculer dans l’horreur. Que pendant près d’un an, elle sera déplacée de ville en ville, mise en ligne avec un faux âge, livrée à des dizaines d’hommes chaque jour. Le piège s’est refermé. L’engrenage peut commencer.

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L’Engrenage : Un An D’Enfer Dans Le Quart Sud-Est

Le trio prend rapidement le contrôle total. Jasmine est amenée à Lyon. Elle est photographiée, mise en ligne sur un site d’annonces. Son âge est falsifié : 23 ans au lieu de 16. L’exploitation commence. Pendant près d’un an, l’adolescente est déplacée sans répit dans des appartements loués pour quelques jours seulement. Annemasse, Marseille, Aix-les-Bains, Grenoble, Lyon, Saint-Étienne. Six villes du quart sud-est où elle est livrée à des hommes.

Les journées s’enchaînent dans un rythme infernal. « Jusqu’à 20 ou 30 clients par jour », raconte-t-elle. Vingt à trente. Chaque jour. L’adolescente n’a aucun choix, aucune échappatoire. Elle obéit. Son corps ne lui appartient plus.

Pendant ce temps, le trio s’enrichit. Selon l’enquête, l’exploitation de Jasmine leur rapporte 540 000 euros en un an. Une somme colossale. Elle, ne perçoit quasiment rien. Juste de quoi financer sa consommation de cannabis : quinze joints par jour. Une dépendance qui l’aide à tenir, à supporter l’insupportable. Une corde supplémentaire pour la maintenir prisonnière du système.

Les déplacements constants empêchent toute attache, tout repère stable. Aucune possibilité de demander de l’aide. Le trio contrôle tout : les trajets, l’argent, les clients. Jasmine est devenue une marchandise déplacée au gré des opportunités financières. Mais l’exploitation ne s’arrête pas aux chiffres. La violence quotidienne fait aussi partie du système.

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