Trump multiplie les déclarations menaçantes et contradictoires sur l’Iran, déclenchant une vague de critiques aux Etats-Unis et relançant les interrogations sur sa cohérence et sa santé mentale
Stratégie ou folie ? Les prises de parole de Donald Trump sur l’Iran provoquent une nouvelle onde de choc politique aux Etats-Unis et particulièrement à Washington. Entre menaces directes, propos contradictoires et tonalité imprévisible, le président américain alimente les critiques de ses opposants qui s’interrogent sur sa santé mentale, sa cohérence et sa capacité à gérer une crise internationale majeure.
Sur sa plateforme Truth Social, il a publié dimanche un message particulièrement virulent : « Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer – VOUS ALLEZ VOIR ! », avant d’ajouter « Gloire à Allah. » Mardi, il a poursuivi dans le même registre en affirmant : « Une civilisation entière va mourir ce soir ». Face à ces déclarations, la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt a indiqué : « Le Président seul sait où nous en sommes et ce qu’il va faire », sans apporter de clarification sur la stratégie américaine.
« Un taré assoiffé de sang »

Ces propos ont suscité de vives réactions dans la classe politique. La sénatrice démocrate Patty Murray a dénoncé des « divagations d’un taré assoiffé de sang », tandis que le gouverneur du Kentucky Andy Beshear a estimé que la situation était « juste cinglée ». Fait notable, l’ancienne alliée du président Marjorie Taylor Greene a elle aussi pris ses distances, jugeant dimanche qu’il était « devenu fou » et appelant au recours au 25e amendement pour évaluer son aptitude à gouverner.
Au-delà du ton employé, plusieurs contradictions apparaissent dans les déclarations présidentielles. Dans un même message mardi, Donald Trump évoque la destruction de l’Iran, ouvre la porte à une solution diplomatique et conclut par « Que Dieu bénisse le grand peuple d’Iran ». Il a également varié sur les objectifs de l’opération militaire lancée le 28 février, évoquant tour à tour un « changement de régime », puis niant cet objectif avant d’affirmer que le « régime » était déjà tombé. Sur le détroit d’Ormuz, il avait récemment affirmé ne pas s’en soucier, avant d’en faire un point central de ses menaces.
Même des MAGA convaincus s’y mettent
Les critiques ne viennent plus seulement du camp démocrate. Des figures controversées comme Candace Owens et Alex Jones ont également mis en cause sa santé mentale. Selon Axios, un responsable américain anonyme décrit le président comme un « chien enragé », le jugeant plus belliqueux que le chef du Pentagone Pete Hegseth. Tout en affirmant que l’armée américaine avait « botté le cul » de l’Iran, Donald Trump a aussi fixé plusieurs ultimatums successifs aux autorités iraniennes.Notre dossier sur la guerre en Iran
Enfin, ses déclarations dépassent le seul cadre du conflit avec Téhéran. Lors d’un déjeuner privé, il s’est moqué d’Emmanuel Macron et de son épouse, déclarant : « Macron, que sa femme traite extrêmement mal (…), il se remet encore du coup de poing qu’il a pris à la mâchoire ». Il a également évoqué la guerre lors d’un événement avec des enfants à la Maison Blanche, mêlant sujets militaires, considérations personnelles et projets de décoration, illustrant un style de communication sans filtre qui continue de polariser la vie politique américaine.