
La Vie Bretonne De Laurent Voulzy : Une Demeure Chargée De Souvenirs
À Saint-Pierre-Quiberon, la grande bâtisse de Laurent Voulzy ne ressemble à aucune autre. Fenêtres arrondies, parements de granit, pelouse bordée d’hortensias : chaque détail de cette maison raconte une histoire. Celle d’un homme qui a voulu recréer, sur la côte bretonne, l’atmosphère de la demeure de son oncle en Eure-et-Loir. Les recoins mystérieux, les escaliers qui craquent sous les pas, tout évoque ces souvenirs d’enfance qui ne s’effacent jamais.
Ici, le chanteur de La Septième Vague vit selon ses propres rituels. Debout aux premières lueurs, il contemple les levers de soleil sur l’océan, ces spectacles quotidiens qui le fascinent toujours autant à 77 ans. La journée commence souvent par une échappée chez Alain Jéhannet, son brocanteur préféré. « J’y vais pour trouver une table basse, je ressors avec un fauteuil, une carte marine ou un illustré comme Blek le Roc ou Cœur Vaillant… », avoue-t-il avec cette spontanéité qui le caractérise.
Ces virées chez l’antiquaire révèlent bien plus qu’une passion pour la décoration. Elles trahissent une quête permanente de nostalgie, un besoin de s’entourer d’objets qui racontent des histoires. Dans cette grande bâtisse du Morbihan, Laurent Voulzy ne se contente pas de vivre : il réinvente sans cesse son cocon, entre mer et mémoire.

Voisins Et Complices : Quand Voulzy Et Souchon Créent Ensemble En Bretagne
Ces escapades matinales ne sont pas les seuls rendez-vous que Laurent Voulzy s’offre en Bretagne. À quelques kilomètres de sa bâtisse, à La Trinité-sur-Mer, vit l’un de ses plus vieux complices : Alain Souchon. Les deux hommes ne se contentent pas de partager le même coin de paradis. Ils y composent, créent, fusionnent leurs univers jusqu’au bout de la nuit.
« Mon copain Laurent Voulzy a une maison vers Quiberon, on y a fait de nombreuses chansons. Ça nous inspire beaucoup », raconte Alain Souchon. Le processus créatif est intense : deux mois d’isolement où ils terminent leurs sessions vers 3 heures du matin, avant de partir marcher le long de la côte pour débattre de leur travail. Ces promenades nocturnes, bercées par le bruit des vagues, deviennent le prolongement naturel de leurs compositions.
Loin des studios parisiens et de l’agitation du milieu musical, le Morbihan offre à ces deux légendes un espace de liberté totale. Pas de contraintes horaires, pas de regards extérieurs. Juste la mer, leurs guitares et cette complicité qui traverse les décennies. La Bretagne n’est pas qu’un refuge pour eux : c’est un véritable laboratoire artistique où naissent certaines de leurs plus belles mélodies.

La Trinité-sur-Mer : Le Refuge Familial D’Alain Souchon
La maison qu’Alain Souchon possède à La Trinité-sur-Mer n’est pas le fruit du hasard. Elle est l’aboutissement d’un rêve longuement mûri. « Ma femme et moi, nous avons acheté une maison à La Trinité avec l’argent d’une tournée que nous avons faite il y a vingt ans », confie l’artiste. Un investissement réfléchi, un choix de vie avant tout.
L’emplacement de cette demeure révèle toute la quête de l’interprète de *Ballade de Jim* : « Nous sommes à 20 mètres de la mer et, en même temps, à l’écart du sentier des douaniers, nous sommes au calme. » Ce paradoxe géographique offre le meilleur des deux mondes. L’océan à portée de main, sans la frénésie touristique. Une grande cheminée complète ce tableau d’intimité, créant cette atmosphère chaleureuse propice à la déconnexion.
Trois fois par an, Alain Souchon pose ses valises dans ce havre de paix. À 80 ans passés, l’artiste a su préserver cet équilibre fragile entre notoriété et tranquillité. Ici, pas de projecteurs ni de sollicitations incessantes. Juste le crépitement du feu, le murmure des vagues et cette sensation d’être exactement là où il faut. Un luxe devenu rare dans une vie d’artiste, celui du temps qui s’écoule sans contrainte.

La Bretagne, Terre D’Enfance Et De Liberté Pour Deux Légendes
Cette quête de sérénité bretonne ne date pas d’hier pour Alain Souchon. Bien avant d’y acheter sa maison, la région berçait déjà son enfance. « Je vais en Bretagne depuis que je suis tout petit. Avec mes parents, on louait une maison tous les ans, à Saint-Cast, à Quimperlé, à Vannes… J’y ai plein de souvenirs d’enfance », se souvient-il. Ces étés rythmés par les embruns et les balades familiales ont ancré en lui une connexion viscérale à cette terre.
Pour Laurent Voulzy comme pour lui, le Morbihan n’est pas qu’une destination. C’est un retour aux sources, une respiration nécessaire loin de l’agitation parisienne. À quelques kilomètres l’un de l’autre, les deux complices ont trouvé leur point d’ancrage commun. Saint-Pierre-Quiberon et La Trinité-sur-Mer : deux refuges sur la même côte déchiquetée, deux sanctuaires où se créent des chansons et se cultivent de vrais moments de complicité.
« Dans mon esprit, la Bretagne, c’est les vacances, le pays où on est heureux », résume Alain Souchon. Cette phrase dit tout. Au-delà des bâtisses de granit et des cheminées, c’est cette quête du bonheur simple qui unit ces deux légendes de la chanson française. Le Morbihan est devenu le théâtre silencieux de leur amitié, le témoin privilégié de leurs créations nocturnes et de leurs promenades matinales face à l’océan.