De retour dans le couloir, je continue à nettoyer, le balançoire nageant régulièrement sur le sol.
C’est une distraction rythmique, un moyen de noyer les pensées tourbillonnant dans mon esprit.
L’équipe de nuit de l’hôpital s’éclaircit, et le personnel du matin va bientôt remplir les couloirs.
Chaque visage qui passe rappelle mon anonymat ici.
J’ai entendu des extraits de conversation, j’ai entendu des voix émouvantes discuter de la prochaine réunion sur les réductions budgétaires.
Ils ne savent pas que je suis celui qui les a incités, ne comprenant pas pleinement le coût humain.
Une infirmière passe, me regarde, les yeux s’évanouissent sans reconnaissance.
Je me demande si elle me regarderait différemment si elle savait.
Mais c’est le but de cette charade, n’est-ce pas ?
Être vu sans la lentille de la richesse, comprendre ce que mes décisions signifient au niveau du terrain.
Pourtant, la distance reste, un fossé entre qui je suis et qui ils pensent que je suis.
La journée s’étale, et je me retrouve près de la salle du personnel.
Les voix se lèvent et tombent, un mélange de rire et de frustration.
Chaque mot est une pièce du puzzle, un aperçu des vies affectées par mes choix.
Je sens le poids de leurs histoires, le fardeau de la responsabilité sur mes épaules.
Pourtant, je ne dis rien, laissant passer le moment.
Ce n’est pas encore chez moi.
La rencontre se rapproche, et je sens un nœud d’anxiété se resserrer dans ma poitrine.
Comment faire connaître ma présence ?
Ou dois-je rester un témoin silencieux des conséquences de ma propre création?
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