De retour dans le couloir, je continue à nettoyer, le balançoire nageant régulièrement sur le sol.
C’est une distraction rythmique, un moyen de noyer les pensées tourbillonnant dans mon esprit.
L’équipe de nuit de l’hôpital s’éclaircit, et le personnel du matin va bientôt remplir les couloirs.
Chaque visage qui passe rappelle mon anonymat ici.
J’ai entendu des extraits de conversation, j’ai entendu des voix émouvantes discuter de la prochaine réunion sur les réductions budgétaires.
Ils ne savent pas que je suis celui qui les a incités, ne comprenant pas pleinement le coût humain.
Une infirmière passe, me regarde, les yeux s’évanouissent sans reconnaissance.
Je me demande si elle me regarderait différemment si elle savait.
Mais c’est le but de cette charade, n’est-ce pas ?
Être vu sans la lentille de la richesse, comprendre ce que mes décisions signifient au niveau du terrain.
