
L’Offensive Manon Aubry Contre Jordan Bardella Au Parlement Européen
La scène est restée gravée dans les mémoires. Sur le plateau de France 2, lors de l’ultime débat avant les européennes, Manon Aubry a sorti l’artillerie lourde contre Jordan Bardella. Face caméra, la députée LFI balance : « Ces votes parlent pour lui-même au Parlement européen, puisque vous le savez on l’avait surnommé ‘Barde-pas-là’ au vu des 76 amendements qu’il a déposés en cinq ans ». Un surnom assassin qui résume l’accusation : l’absentéisme chronique du président du Rassemblement national à Strasbourg.
Le coup fait mouche. Trop même. Bardella, visiblement agacé, tente de reprendre la main : « Je vous demande de laisser mon nom de famille là où il est ». Mais le mal est fait. L’eurodéputée vient de pointer publiquement l’inactivité parlementaire de celui qui se présente comme chef de file de l’opposition. Soixante-seize amendements en cinq ans, les chiffres sont implacables.
Cette attaque en direct illustre parfaitement le style Aubry : frontal, chiffré, sans concession. Entre la gauche radicale et l’extrême droite, c’est de bonne guerre. Et la trentenaire ne recule devant rien pour dénoncer ce qu’elle considère comme une imposture politique. Un combat qu’elle mène depuis son arrivée au Parlement européen en 2019, où elle a découvert un tout autre visage des institutions. Celui des privilèges et des influences qu’elle s’apprête à révéler.

Champagne Russe Et Photo De Poutine : Les Cadeaux Hallucinants Des Lobbies
Noël 2019. Premier réveillon en tant qu’eurodéputée pour Manon Aubry. Sous le sapin virtuel : des présents qui la laissent sans voix. La politicienne décide alors de tout déballer sur les réseaux sociaux, avec une vidéo qui détonne. « Pour Noël, on a reçu plein de cadeaux, et mon cadeau préféré, c’est cette belle bouteille de champagne venue tout droit de Russie. C’est Vladimir qui nous envoie sa petite bouteille de champagne », ironise-t-elle face caméra.
L’absurdité de la situation ne lui échappe pas. Elle enchaîne, caustique : « Je ne suis pas sûr qu’il a les mêmes intentions pour ses opposants politiques en Russie qui ont forcément été bien contents de recevoir du champagne ». Mais ce n’est pas tout. L’ambassade russe a également joint un portrait de Poutine. « Une belle photo de Vladimir… Qui est du meilleur goût ! », lâche-t-elle avec un humour noir.
Cette vidéo, tournée avant l’invasion de l’Ukraine, révèle l’envers du décor européen. Les lobbies rivalisent de créativité pour séduire les élus, particulièrement pendant les fêtes. Champagne, cadeaux personnalisés, objets de luxe : tout est bon pour gagner en influence. Manon Aubry le dit cash : « C’est le problème des lobbies qui sont super créatifs, en particulier pendant la période de Noël ».
Pour la députée qui dénonce quotidiennement les inégalités, recevoir ces présents somptueux crée un malaise évident. Un contraste saisissant entre ses convictions affichées et les privilèges inhérents à sa fonction.

« On Est Un Peu Embêtés » : Quand Les Privilèges Dérangent L’Eurodéputée LFI
Face à ces cadeaux embarrassants, Manon Aubry ne fait pas semblant. « Forcément nous on est un peu embêtés », avoue-t-elle sans détour. L’élue de La France Insoumise, qui martèle quotidiennement son combat contre les inégalités, se retrouve coincée dans une situation délicate. Comment dénoncer les privilèges quand on en bénéficie soi-même ?
Cette gêne assumée révèle toute l’ambiguïté de sa position. D’un côté, une eurodéputée anti-système qui refuse les compromissions. De l’autre, une réalité institutionnelle où les lobbies déploient des trésors d’ingéniosité pour approcher les élus. Le champagne russe et le portrait de Poutine incarnent parfaitement cette omniprésence des groupes de pression au Parlement européen.
La politicienne ne cherche pas à cacher ce malaise. Au contraire, elle en fait un outil de dénonciation. Son objectif : montrer concrètement « l’influence des lobbies au sein des institutions européennes ». Une transparence qui ne plaît pas à tout le monde. Une partie de la classe politique, y compris dans son propre camp, l’a recadrée. Sonia Mabrouk également.
Mais Aubry ne recule pas. Pour elle, révéler ces pratiques vaut mieux que les taire. Et si dénoncer le système implique de dévoiler ses propres privilèges, soit. La trentenaire transforme alors son embarras en action.

Le Concours Des Lobbies : L’Idée Provocante Pour Dénoncer Le Système
De cette gêne naît une idée audacieuse. « On pourrait lancer un concours de ‘Notre meilleur lobby, le plus créatif‘ ! », annonce Manon Aubry avec un sourire en coin. L’eurodéputée transforme son malaise en arme de dénonciation. Si les lobbies rivalisent d’ingéniosité pour séduire les élus, autant le montrer au grand jour.
Le concept est simple mais percutant. Chaque semaine, révéler les cadeaux et tentatives d’influence. Puis organiser une cérémonie ironique pour couronner les champions de la manipulation douce. « Je vous promets, l’an prochain en 2020 on organisera une petite cérémonie de célébrations de nos meilleurs lobbies européens et il y aura de la concurrence je pense ! »
La politicienne sollicite même les internautes. « Donnez-nous vos idées, vous aussi participez », lance-t-elle à sa communauté. Meilleur cadeau ? Stratégie la plus absurde ? Lobby le plus insistant ? Les catégories restent à définir collectivement. Cette démarche participative vise à sensibiliser l’opinion publique sur un sujet habituellement opaque.
L’objectif dépasse le simple buzz. Derrière la provocation, une vraie volonté de mettre en lumière l’influence souterraine des groupes de pression à Bruxelles. Car ces pratiques, aussi folkloriques soient-elles à Noël, révèlent des mécanismes bien plus profonds. Des mécanismes qui façonnent discrètement les décisions européennes au quotidien.