Le Chien Du Drame Est Toujours Vivant
Six ans après le drame, la révélation fait l’effet d’une bombe : Curtis est toujours en vie. Le pitbull qui a tué Élisa Pilarski le 16 novembre 2019 en forêt de Retz n’a jamais été euthanasié. Aujourd’hui, il se trouve dans un refuge du sud-ouest de la France, sous étroite surveillance, loin des regards mais au cœur de toutes les attentes.
L’ouverture du procès de Christophe Ellul devant le tribunal correctionnel de Soissons replace le chien au centre de l’affaire. Car si Curtis n’a pas d’existence pénale, son sort dépend directement du verdict. Les juges peuvent ordonner son euthanasie. Une décision qui divise déjà : faut-il punir l’animal responsable des morsures mortelles, ou lui donner une seconde chance ?
L’enquête l’a formellement établi : Curtis est l’unique auteur des blessures qui ont coûté la vie à la jeune femme de 29 ans, enceinte de six mois. Désigné dès les premières expertises comme un chien « dangereux et imprévisible », il attend maintenant que la justice décide s’il vivra ou mourra.
Entre le temps qui passe et la mémoire du drame qui reste, Curtis survit en refuge, prisonnier d’un conditionnement dont il n’est peut-être pas responsable. Mais que disent vraiment les experts sur ce chien ?
Un Profil Glaçant Révélé Par Les Experts
Les rapports d’expertise dressent un portrait terrifiant. Deux jours après le drame, Curtis est examiné par un éducateur comportementaliste canin. Le constat est immédiat : le chien est obsédé par la prédation. « Il ne semble pas faire de distinction entre les partenaires sociaux, les gens et les chiens, et le boudin du mordant, voire le gibier », écrit le professionnel. Pour Curtis, tout est une proie potentielle.
Lors d’un second examen, la scène tourne au cauchemar. Avant même l’auscultation, Curtis se jette sur une bénévole et la mord violemment. Le vétérinaire intervient. « Mes nombreux coups de pied et de chaises n’ont pas suffi à le faire lâcher prise de façon durable », relate-t-il. Le praticien le qualifie d’« agité », puis tranche : « dangereux et imprévisible ».
En septembre 2020, de nouveaux tests révèlent l’ampleur du conditionnement. Une fois focalisé sur la morsure, Curtis devient « hors de contrôle ». Les experts le suspendent à deux mètres du sol. Il reste accroché, par la seule force de sa mâchoire, sans lâcher.
Le vétérinaire résume : « Il ne considère pas la morsure comme un interdit mais plutôt comme une activité récréative ». Un conditionnement « contre nature », selon lui. Mais comment Curtis en est-il arrivé là ? La réponse se trouve dans son passé.
