Peter Greene, inoubliable méchant de The Mask et Pulp Fiction, meurt à 60 ans dans son appartement de Manhattan

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La Disparition Brutale D’Une Figure Du Cinéma Américain

Vendredi 12 décembre, Manhattan. Le corps sans vie de Peter Greene est découvert dans son appartement. L’acteur américain, 60 ans, s’éteint brutalement. Son agent Gregg Edwards confirme la nouvelle à Deadline. Le choc est immédiat.

Hollywood pleure une deuxième perte en une semaine. Sept jours après la disparition de Cary-Hiroyuki Tagawa, c’est au tour de Greene de quitter la scène. Les circonstances exactes de sa mort restent floues. Aucune cause n’a été dévoilée pour l’instant. L’enquête suit son cours.

« Personne n’a mieux incarné un méchant que Peter », déclare Gregg Edwards à NBC News. Mais l’agent nuance aussitôt : « Il avait aussi un côté tendre que la plupart des gens ignoraient, et un cœur en or ». Cette dualité résume toute la carrière de l’acteur. À l’écran, il terrorisait. Dans la vie, il touchait.

Le monde du cinéma perd un visage familier. Celui qui a incarné les antagonistes les plus marquants des années 90 disparaît. Ses rôles de brute, de psychopathe, de tortionnaire ont marqué toute une génération. Mais derrière le méchant se cachait un homme généreux. Cette contradiction fait tout le mystère de Peter Greene.

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L’Ascension D’Un Spécialiste Des Rôles De Méchants

1990. Peter Greene débarque à la télévision dans Hardball, un feuilleton policier sur NBC. Le natif de Montclair, New Jersey, pose ses premiers jalons. Un rôle mineur, mais un début. L’apprentissage commence.

Le déclic arrive avec Clean, Shaven, thriller psychologique de Lodge Kerrigan. Greene y livre une prestation dérangeante. Hollywood remarque ce visage anguleux, ce regard glacial. L’acteur possède un don rare : incarner la menace sans forcer le trait.

1994 marque le tournant. Greene devient Dorian Tyrell dans The Mask. Face à Jim Carrey, il compose un antagoniste brutal et crédible. Le gangster sans pitié qui traque Stanley Ipkiss devient instantanément culte. Le contraste fonctionne à merveille : la fantaisie débridée de Carrey contre la noirceur glaciale de Greene.

La même année, Quentin Tarantino lui offre un rôle inoubliable. Zed, le tortionnaire de Pulp Fiction. Une apparition brève mais terrifiante. Quelques scènes suffisent. Greene marque les esprits durablement. Ce double coup de maître en 1994 grave son nom dans le cinéma américain.

Ces deux performances définissent sa trajectoire. Greene devient la référence des méchants crédibles. Pas de cabotinage, pas d’excès. Juste une présence menaçante, viscérale. Une spécialisation qui fera sa signature pendant trois décennies.

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Une Carrière Prolifique Entre Grand Écran Et Télévision

Après 1994, Greene enchaîne les plateaux. Usual Suspects, Piège à grande vitesse, Sombres soupçons. Des productions solides où il perfectionne son art. Toujours dans l’ombre, jamais en vedette. Son visage devient familier sans être célèbre.

2001 : Antoine Fuqua l’appelle pour Training Day. Aux côtés de Denzel Washington, Greene apporte sa dose de tension. Un rôle secondaire qui compte. Le film cartonne, Greene continue sa route discrètement.

Les années suivantes, il multiplie les apparitions. Plus de trente longs-métrages sortent au cinéma, souvent confidentiels. Complot à la Maison-Blanche, Le Chasseur de primes, Explosion imminente. Des titres qui ne marquent pas l’histoire, mais qui témoignent d’une activité constante. Greene travaille, sans relâche.

La télévision devient son second terrain de jeu. New York, police judiciaire, Chicago P.D., Hawaii 5-0. Des séries où il débarque pour quelques épisodes, apporte son intensité, repart. Dans For Life, produite par 50 Cent, il retrouve l’univers carcéral qui lui sied si bien.

2023 marque sa dernière apparition : Le Continental, préquelle de John Wick. Une boucle bouclée dans l’univers qu’il a contribué à définir pendant plus de trois décennies. Le spécialiste des méchants signe sa sortie là où il excellait : dans l’ombre des héros, indispensable.

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Les Dernières Années Et L’Héritage D’Un Acteur De Caractère

Le Continental restera son adieu au métier. En 2023, Greene retrouve l’univers de John Wick, cet écosystème de tueurs et de codes qu’il connaît par cœur. Une dernière prestation dans ce qu’il maîtrise : incarner la noirceur avec justesse.

Ses derniers films n’ont pas fait de vagues. Complot à la Maison-Blanche, Le Chasseur de primes, Explosion imminente. Des productions modestes, loin du fracas de Pulp Fiction. Mais Greene n’a jamais cherché la lumière. Il préférait le travail à la gloire, la régularité aux projecteurs.

Son testament artistique ? Une spécialisation assumée. Les méchants, c’était son territoire. Dorian, Zed, et tous les autres après eux. Des personnages qu’on déteste à l’écran, qu’on n’oublie jamais une fois sortis de la salle.

Pourtant, le contraste frappe. « Un cœur en or », dit son agent. Ceux qui l’ont côtoyé parlent d’un homme généreux, discret, aux antipodes de ses rôles. À l’écran, la violence et la menace. Dans la vie, la tendresse cachée. Cette dualité fait toute la richesse de son héritage.

Manhattan l’a vu partir le 12 décembre. Il laisse derrière lui trois décennies de présence constante, un visage gravé dans la mémoire collective du cinéma américain. Pas une star, mais une référence. Pas un héros, mais un indispensable. Peter Greene a façonné l’imaginaire des antagonistes comme peu l’ont fait.