
L’Adieu D’Une Légende : Popeck Tire Sa Révérence À 90 Ans
La date est gravée. Le vendredi 19 décembre 2025, Popeck refermera définitivement le rideau au Centre culturel d’Auderghem, près de Bruxelles. Après plus de 60 ans à faire rire la France, le doyen de l’humour français range ses personnages. Cette ultime représentation de Je reviens pour la dernière fois sonne comme un titre prémonitoire, presque cruel.
Face à Soir Mag, Judka Herpsu lâche les mots qui font mal : « Je m’arrête définitivement… Je suis un artiste qui ne vit que pour la scène, avec les personnages que j’ai créés, avec la comédie. Le squelette m’a trahi. Le corps me trahit. J’ai 90 ans ». Pas de faux-semblants, pas d’euphémisme. L’homme qui a consacré sa vie à l’humour avoue sa défaite face au temps.
Le paradoxe est brutal : Popeck ne sait « faire autre chose ». Il ne vit « que pour la scène, que pour le personnage, que pour l’humour ». Pourtant, il s’arrête. Contraint. Forcé par un corps qui refuse de suivre une passion intacte. Seule une porte reste entrouverte : l’Olympia. Si la scène mythique l’appelait, peut-être… Mais pour l’instant, ce 19 décembre marque la fin d’une ère. La France perd l’un de ses plus grands.

Quand Le Corps Lâche : Les Vraies Raisons De Cette Retraite Forcée
Ce que le public ne voit pas, c’est l’envers du décor. Popeck le confesse sans détour : « Tout le monde me dit que j’ai encore une pêche extraordinaire. Mais personne ne me voit en coulisses avant le lever du rideau et après les rappels ». Le contraste est saisissant. Sur scène, l’énergie déborde. En loge, la réalité rattrape l’artiste.
L’humoriste révèle être « groggy » dès qu’il retrouve sa loge. Épuisé, vidé par l’effort. Pourtant, il doit encore « trouver la force de parler avec les spectateurs qui disent des choses très touchantes et poser pour des selfies ». Le contact avec son public reste sacré, même au prix d’un épuisement total.
Cette décision de retraite ne surgit pas de nulle part. Déjà lors de son spectacle précédent, Fini de rire, on ferme, Popeck y songeait sérieusement. Le corps envoie ses signaux depuis longtemps. Le squelette a trahi. Les 90 ans pèsent leur poids. Et quand la passion rencontre les limites physiques, il faut choisir.
Popeck choisit d’arrêter debout plutôt que de s’effondrer sur scène. Un choix déchirant pour un homme qui ne connaît que l’humour, qui ne respire que pour ses personnages. Mais un choix nécessaire.

Une Carrière Monumentale : Du Café D’Edgar À L’Olympia
Avant ce dernier rideau, Popeck aura tout connu. Tout construit. Dans les années 1970, il surgit au Café d’Edgar de Montparnasse. Un petit théâtre, des banquettes serrées, la fumée des cigarettes. C’est là que le public français découvre cet humoriste au talent brut, capable de faire rire et réfléchir dans le même souffle.
Le succès grimpe vite. Des petites scènes aux temples de la scène parisienne : l’Olympia, le Palais des Congrès, le Casino de Paris, le théâtre Rive Gauche. Popeck conquiert chaque plateau avec ses personnages cultes, son timing impeccable, sa capacité unique à raconter l’humain avec tendresse et cruauté mêlées.
Le cinéma lui tend les bras. Roman Polanski l’engage pour Le Pianiste. Yvan Attal pour Ils sont partout. D’autres réalisateurs suivent : Michel Gérard, Alain Jaspard, Jean Rollin. Popeck joue, essaye, explore le septième art. Mais jamais il ne lâche son premier amour.
La scène reste son territoire. Son oxygène. Là où il vit vraiment, où ses personnages respirent, où le lien direct avec le public pulse à chaque réplique. Plus de 60 ans de carrière, des milliers de représentations, une empreinte indélébile sur l’humour français. Tout ça s’arrête vendredi à Bruxelles. Mais une question demeure dans l’esprit de l’artiste.

Le Rêve Secret Qui Reste : Un Dernier Olympia ?
Mais une question demeure dans l’esprit de l’artiste. Cette retraite, Popeck y pense depuis longtemps. Déjà lors de son spectacle précédent, Fini de rire, on ferme, il confiait à Soir Mag ses doutes, sa fatigue. « Tout le monde me dit que j’ai encore une pêche extraordinaire », expliquait-il. Le public voit l’énergie sur scène. Personne ne voit ce qui se passe après.
En coulisses, la réalité est différente. « Personne ne me voit avant le lever du rideau et après les rappels », avoue-t-il. Le corps épuisé, « groggy » dans sa loge. Mais impossible de s’éclipser. Les spectateurs veulent lui parler, prendre des selfies, partager leur émotion. « Ils me disent des choses très touchantes », confie Popeck. Alors il trouve la force. Toujours. Par respect, par amour du public.
Pourtant, malgré cette annonce définitive, une porte reste entrouverte. L’humoriste le reconnaît : il ne serait pas contre l’idée de remonter sur la scène de l’Olympia. Un dernier tour de piste dans ce temple où il a tant brillé. Un rêve secret qui pulse encore.
Parce que Popeck ne vit « que pour la scène, que pour le personnage, que pour l’humour ». À 90 ans, le corps lâche, mais la passion brûle intact. Vendredi à Bruxelles, ce sera l’adieu officiel. Mais l’Olympia ? Peut-être pas pour toujours.