Procès en appel du financement libyen : Sarkozy affirme être victime d’une machination du clan Kadhafi

Selon Nicolas Sarkozy, les accusations qui l’ont conduit devant les juges, dans le cadre du financement libyen de sa campagne de 2007, sont montées de toutes pièces par le clan Kadhafi par « haine » pour son rôle dans la chute du régime


Nicolas Sarkozy le maintient. Selon lui, les accusations qui l’ont conduit devant les juges, dans le cadre de soupçons du financement libyen de sa campagne de 2007, sont montées de toutes pièces par le clan Kadhafi. Par « haine » pour son rôle dans la chute du régime.

Début 2011, la vague du Printemps arabe s’étend à la Libye, gouvernée d’une main de fer depuis 42 ans par Mouammar Kadhafi. En quelques semaines, la répression sanglante de manifestations fait sombrer le pays dans la guerre civile. C’est au milieu de ce bouleversement international que le 10 mars 2011, Nicolas Sarkozy reçoit à l’Élysée des membres du Conseil national de transition (CNT) et reconnaît l’institution comme seul représentant légitime de la Libye.

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« C’est un choc pour Kadhafi […] Il ne supporte pas qu’un chef d’État de la France reçoive quelqu’un qui représente la Libye, qu’il incarne depuis quarante ans », déclare Nicolas Sarkozy à la barre de la cour d’appel de Paris. « Je suis le premier à avoir reconnu le CNT. Là est l’insulte profonde pour Kadhafi. Pour lui, la Libye, c’est lui ».

Concomitamment à cette rencontre en France, l’agence de presse officielle libyenne Jana publie une dépêche affirmant « qu’un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale ». C’est la première évocation publique de cette affaire.


« Pas le commencement d’une preuve »

Dans les jours qui suivent ce communiqué, Mouammar Kadhafi et son fils évoquent eux aussi en interview ce financement de sa campagne électorale de 2007, qui a permis à l’ex-ministre de l’Intérieur de Jacques Chirac d’accéder à l’Élysée.

« Il y a sept mois entre le moment où les frappes [de l’Otan] commencent et le moment où Mouammar Kadhafi est chassé du pouvoir. Sept mois pour me confondre, pour m’accabler. Qu’est-ce qui les empêchait de le faire ? », martèle le prévenu. Pour lui, « la cour comme le tribunal n’ont pas eu le début du commencement d’une preuve, une adresse de banque, un numéro de compte, pas une seule ! » « A-t-on trouvé de l’argent dans la campagne ? Non. Ont-ils fourni des preuves ? Non. M’ont-ils injurié ? Oui, mais l’injure est-elle un élément de preuve ? », lance Sarkozy.

Les carnets posthumes de Choukri Ghanem

Le président le confronte aux carnets posthumes de Choukri Ghanem, antérieur aux accusations publiques du régime libyen. Ce journal évoque une discussion le 29 avril 2007, entre les deux tours de la présidentielle française, entre dignitaires libyens autour d’un financement accordé à la campagne Sarkozy. « Il me semble difficile d’y apporter du crédit d’autant plus que Béchir Saleh (un responsable libyen jugé en son absence et cité dans les carnets) a lui-même apporté un démenti formel de cette discussion », balaye Sarkozy.

En première instance, le tribunal correctionnel l’a relaxé de trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé mais l’a condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs.