
Le Contrôle Qui Tourne Au Drame : Coups De Feu En Plein Toulon
Mercredi 17 décembre, 19h15. Quartier du Pont-du-Las à Toulon. Une patrouille de police repère un véhicule suspect et décide de procéder à un contrôle de routine. Mais le conducteur refuse net de s’arrêter. La voiture accélère, prend la fuite. La tension monte d’un cran.
Les policiers se lancent à sa poursuite. Le véhicule tente de s’échapper coûte que coûte. Alors, deux agents dégainent leur arme de service. Plusieurs coups de feu retentissent dans le quartier. Les détonations résonnent. Les tirs visent la voiture en mouvement.
« Dans des conditions qui restent encore à déterminer, deux policiers ont ouvert le feu à plusieurs reprises avec leur arme de service en direction du véhicule », déclare le procureur de la République. Malgré les balles, le conducteur ne s’arrête pas. La voiture parvient à filer, disparaissant dans les rues de Toulon.
La scène est brutale. En quelques minutes, un simple contrôle s’est transformé en course-poursuite armée. Mais personne ne sait encore ce qui se joue vraiment à l’intérieur de ce véhicule. Les secours sont alertés. Les recherches s’organisent. À 500 mètres de là, une découverte va glacer les enquêteurs.

La Découverte Glaçante : Une Femme Abandonnée Et Grièvement Blessée
500 mètres plus loin, les policiers localisent enfin le véhicule. Il est garé dans une impasse, portes ouvertes. Le moteur tourne encore. Mais du conducteur, aucune trace. L’homme a disparu, s’est volatilisé dans la nuit toulonnaise. Il a abandonné sa voiture. Et surtout, il a abandonné quelqu’un.
À l’intérieur, une femme gît sur le siège passager. Elle est grièvement blessée. Les tirs ont fait mouche. Son corps porte les stigmates de la fusillade. Les secours se précipitent. Chaque seconde compte. La victime est inconsciente, dans un état critique.
Les pompiers et le SAMU la prennent immédiatement en charge. Direction l’hôpital en urgence absolue. Sur place, une équipe chirurgicale l’attend déjà. Elle est opérée en urgence. Son pronostic vital est engagé. Pendant ce temps, le conducteur court toujours.
La scène est insoutenable. Cet homme a fui les policiers, essuyé les tirs, puis abandonné sa passagère blessée seule dans le véhicule. Aucun appel aux secours de sa part. Aucun geste pour la sauver. Juste la fuite, l’instinct de survie égoïste. Les enquêteurs encaissent le choc. Mais ils ne vont pas le chercher longtemps.

Le Profil Accablant Du Fuyard : Alcool, Vol Et Non-Assistance
Les forces de l’ordre ne mettent pas longtemps à le retrouver. Quelques minutes après la découverte du véhicule abandonné, le conducteur est interpellé dans les environs du Pont-du-Las. Il n’a pas eu le temps d’aller bien loin. Son arrestation révèle immédiatement un premier élément : l’homme est alcoolisé. Il conduisait sous l’emprise de l’alcool quand il a refusé le contrôle.
Mais ce n’est que le début. Les vérifications font apparaître une réalité encore plus sordide. Le véhicule qu’il conduisait ? Volé. Et pas à n’importe qui : à un membre de sa propre famille. L’homme roulait donc au volant d’une voiture dérobée à un proche, ivre, avec une passagère à bord.
Le parquet dresse rapidement la liste des accusations. Refus d’obtempérer aggravé, évidemment. Non-assistance à personne en péril pour avoir abandonné sa passagère grièvement blessée dans le véhicule. Vol du véhicule à un membre de sa famille. Et une charge supplémentaire, glaçante : tentative d’homicide sur un policier.
Selon les déclarations, l’un des agents serait sorti de son véhicule sur la place de l’église lors de la tentative de contrôle. Le fuyard aurait alors effectué une manœuvre pour le renverser. Un policier percuté, une passagère abandonnée blessée par balles, un véhicule volé, de l’alcool dans le sang. Le dossier s’alourdit à chaque minute. L’homme est placé en garde à vue. Une enquête est ouverte.

Double Enquête : Les Policiers Également Sous Surveillance
Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Car si le conducteur est en garde à vue, il n’est pas le seul. Les deux policiers qui ont ouvert le feu sont eux aussi placés en garde à vue. Une procédure inhabituelle qui illustre la complexité juridique de ce drame.
L’IGPN, la police des polices, a été saisie. Une enquête est ouverte pour violence par arme par personnes dépositaires de l’autorité publique. Les tirs étaient-ils justifiés ? Les conditions d’ouverture du feu restent floues. Le procureur lui-même l’a reconnu : tout reste « encore à déterminer ».
Deux procédures parallèles sont donc en cours. D’un côté, l’enquête sur le conducteur : refus d’obtempérer, tentative d’homicide sur policier, non-assistance à personne en péril. De l’autre, l’enquête sur les forces de l’ordre : pourquoi ont-ils tiré à plusieurs reprises ? La situation représentait-elle un danger immédiat ?
La passagère grièvement blessée se trouve au centre de ce double dossier. Victime des tirs policiers, victime de l’abandon de son conducteur. Son état clinique et les circonstances exactes de ses blessures seront déterminants pour les deux enquêtes. Chaque camp devra justifier ses actes devant la justice.
Dans cette impasse de Toulon, personne ne ressort indemne. Ni physiquement, ni juridiquement.