
L’Alerte Choc : Du Plastique Et Des Insectes Dans Vos Tasses
La scène est glaçante. Dans votre cuisine, ce sachet de thé que vous plongez machinalement dans l’eau bouillante contient peut-être bien plus que des feuilles séchées. Insectes entiers ou en fragments, poils de rongeurs, morceaux de plastique : c’est le cocktail peu ragoûtant révélé par 60 Millions de consommateurs après analyse de dizaines de références vendues en supermarché.
L’alerte ne tombe pas du ciel. Depuis plusieurs années, les thés et tisanes industriels sont dans le viseur. Pesticides, résidus chimiques : les controverses s’accumulent. Mais cette fois, l’enquête du magazine va plus loin et touche directement nos tasses. Une étude scientifique publiée dans la revue Chemosphere vient d’ailleurs renforcer l’inquiétude en détectant des microplastiques et nanoplastiques dans les sachets industriels. Ces particules microscopiques auraient des effets néfastes avérés sur les cellules intestinales.
Le constat de 60 Millions de consommateurs est sans appel : éléments biologiques d’un côté (insectes, poils), non biologiques de l’autre (plastique, pierre, métal). Des corps étrangers qui n’ont rien à faire dans une infusion censée nous détendre ou nous revigorer. L’investigation porte sur 48 références du quotidien, celles que des millions de Français achètent sans méfiance. Et les résultats obligent à regarder différemment ces rayons familiers.

L’Enquête Qui Dévoile Tout : 48 Références Passées Au Crible
Pour arriver à ce constat alarmant, le magazine a joué la carte de la rigueur scientifique. 48 produits analysés au total : 16 thés noirs, 12 thés verts à la menthe, 10 infusions à base de verveine et 10 infusions détox. La méthode ? Une recherche par microscopie optique sur 10 grammes de chaque référence. De quoi détecter le moindre corps étranger, même invisible à l’œil nu.
Les résultats tombent sans équivoque. La quasi-totalité des impuretés détectées sont d’origine biologique : végétale et animale. Une majorité d’insectes entiers ou en fragments, avec un paradoxe troublant que les chercheurs soulignent eux-mêmes. Ce sont les références bio qui en contiennent le plus. Logique implacable : peu ou pas traitées contre les ravageurs, ces productions offrent un terrain de jeu idéal aux bestioles.
Autre révélation : les thés noirs s’en sortent plutôt bien, très peu souillés. Mais les infusions, elles, paient le prix fort. Outre les insectes, l’analyse y détecte des poils de rongeurs. L’hypothèse avancée ? Une partie des plantes est ramassée à l’état sauvage, donc davantage exposée aux animaux. Certaines infusions à la verveine révèlent même des fragments de pierre et de plastique, probablement issus des sacs de transport ou des sachets eux-mêmes.
Des chiffres qui interrogent et des contaminations multiples qui pointent vers des failles dans la chaîne de production.

Les Coupables Démasqués : 7 Marques Dans Le Viseur
Face à ces contaminations multiples, le magazine franchit le cap et publie la liste complète des références incriminées. Des marques que tout le monde connaît, disponibles dans les rayons de n’importe quel supermarché.
Le thé U Earl Grey, le thé vert menthe Terra Etica et le thé vert à la menthe Cotterley d’Intermarché : tous trois contiennent des impuretés biologiques. Les insectes et fragments d’insectes y ont élu domicile.
Mais c’est du côté des infusions que la situation se corse. L’infusion verveine Les 2 Marmottes cumule à elle seule corps étrangers, impuretés biologiques et autres impuretés non identifiées. Même constat pour la verveine détente Pagès et l’infusion bio verveine Elephant : corps étrangers et impuretés au rendez-vous. Quant à l’infusion détox U, elle rejoint le club avec ses corps étrangers et impuretés biologiques.
Pour certaines de ces références, l’analyse va plus loin. Des fragments de pierre et de plastique sont détectés dans les infusions à la verveine. L’origine probable ? Les sacs de transport en gros utilisés par les industriels ou les sachets eux-mêmes qui se désagrègent au contact de l’eau chaude. Une contamination qui commence bien avant que le produit n’arrive dans votre tasse.
Sept produits nommément pointés du doigt, sept marques qui devront s’expliquer sur leurs processus de contrôle qualité.

Le Vide Juridique Qui Arrange Les Industriels
Sept marques épinglées, des contaminations avérées, et pourtant… aucune sanction à l’horizon. La raison ? Un flou juridique qui profite à tous les acteurs de la filière.
Comme le révèle le magazine, la présence de ces corps étrangers n’est pas, ou très peu réglementée. « Faute de réglementation, les thés et infusions doivent obéir à la norme ISO sectorielle, qui impose un produit sans souillure et « raisonnablement exempt de matière étrangère » », explique l’enquête. Raisonnablement exempt. Deux mots suffisamment vagues pour qu’on puisse y glisser à peu près n’importe quoi.
Cette norme ISO, censée encadrer le secteur, ne fixe aucun seuil chiffré. Pas de limite maximale pour les insectes, pas de tolérance zéro pour les poils de rongeurs, pas de quota pour les fragments de plastique. Les industriels jouissent d’une marge de manœuvre considérable, et l’enquête le démontre : ces recommandations ne semblent tout simplement pas être suivies.
Le paradoxe s’aggrave avec les produits bio. Moins traités contre les insectes et ravageurs, ils présentent davantage de contaminations biologiques. Une partie des plantes étant ramassée à l’état sauvage, l’exposition aux animaux augmente mécaniquement. Le cahier des charges bio, pensé pour protéger le consommateur des pesticides, crée involontairement une nouvelle faille sanitaire que personne ne contrôle vraiment.