C’était à la fin d’octobre, une tempête qui déchirait les anciennes fenêtres du domaine, quand ma mère est entrée en travail avec des triplets.
La sage-femme et moi étions les seuls à être présents dans la crèche du grenier, une pièce étincelante et peu éclairée qui sentait mal l’antiseptique et la pluie.
La naissance elle-même était rapide, mais marquée par une tension qui pendait lourd dans l’air.
Ma mère était allongée sur le lit étroit, son visage était un masque de concentration et de douleur.
Comme les premiers cris résonnaient dans la pièce, un bref éclair de relief traversa ses traits.
Mais quand le troisième enfant a ouvert les yeux, tout a changé.
Ses yeux étaient étrangement différents.
Un murmure de malaise a traversé la pièce.
Le visage de ma mère s’est serré.
C’était un changement subtil, mais il semblait qu’une partie d’elle allait se casser.
