L’arrière-cour était silencieux, à l’exception de l’étrange bruit de la pelle qui coupait la terre humide.
C’était la fin de l’automne, et le froid s’est enfoncé dans mes os, correspondant au froid qui s’était installé dans mon cœur.
Je creusais une tombe pour ma fille, ou du moins c’est ce que ça faisait.
L’acte était enveloppé dans le silence, un silence si vaste qu’il semblait pouvoir nous avaler tout entier.
« Ce n’était pas un moment désespéré de folie, je me suis rappelé, mais un geste soigneusement planifié. »
Pourtant, ce qui se sentait le plus mal, c’était l’absence de questions de ceux qui nous entourent.
Personne n’est venu nous voir.
Des jours traînés, une boucle sans fin de quarts d’usine et de dîners tranquilles.
Ma femme et moi avons échangé quelques mots sur ce qui s’était passé.
C’était comme si en parlant de cela le rendrait plus réel, plus permanent.
