Face à ma réflexion : le moment que j’ai décidé de ne pas apprendre aux jeunes filles à mourir

Les jours s’étendent, chacun un lent ramper dans un paysage de jargon médical et de batailles tranquilles. Les mots que j’ai tapé restent dans mon esprit, résonnant avec une vérité que je ne peux pas encore saisir.

« C’était trop ? »

C’est une question que je me pose plus d’une fois, le doute rampant malgré la conviction qui m’a poussé à les écrire en premier lieu.

Je prends mon téléphone, hésitant avant d’ouvrir le chat de groupe. Quelques réponses me clignent déjà les yeux, leurs mots étant un mélange de soutien et de préoccupation.

« Ça va ? »

« Ici, si vous avez besoin de parler. »

J’avale fort, le nœud dans ma gorge qui se serre. Les messages sont réconfortants, mais ils soulignent aussi l’écart entre la compréhension et la vie de cette réalité.

Dehors, le monde se déplace à son rythme habituel. Les voitures s’amusent, et le rire dérive de la rue.

À l’intérieur, le temps se sent suspendu, l’appartement une île de calme dans une mer ruisselante.

Le rendez-vous se profile, une date enroulée en rouge sur le calendrier. Je l’ai redouté, mais je dois le savoir.

« Peut-être que cette fois-ci sera différente, » je me murmure, bien que les mots sonnent creux.

La mémoire des dernières surfaces de rendez-vous, un flou d’échelles froides et de voix coupées. L’odeur stérile, le toucher impersonnel, le sentiment d’être réduit en nombres et en graphiques.

C’est l’anticipation qui me grince le plus, le fait de ne pas savoir ce qu’ils verront, ce qu’ils diront.

Ce nouveau spécialiste verra-t-il au-delà des graphiques ?

Ils m’entendront ?

Les questions restent sans réponse, ajoutant au poids déjà pressé vers le bas.

Je regarde l’horloge, le temps tourne en avant sans relâche.

Les jours jusqu’à ce que le rendez-vous diminue, et l’incertitude augmente.

Pourtant, en dessous de tout cela, il y a encore un éclair de détermination.

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