Quelques heures plus tard, je me suis retrouvé dans la cuisine, l’odeur faible du chlore qui s’accroche à ma peau. Je ne pouvais pas secouer le sentiment de malaise qui s’était installé au fond de moi.
Chaque fois que je fermais les yeux, je revive le moment où elle me poussait, un souvenir qui jouait sur une boucle dans mon esprit.
Malgré la chaleur de la soirée d’été, il y a eu un froid dans l’air, une tension inouïe qui a persisté entre moi et ma mère.
Elle s’est déplacée autour de la cuisine, laver la vaisselle avec un accent délibéré, en évitant le contact visuel.
C’était comme si l’incident dans la piscine n’avait pas eu lieu, comme si elle pouvait laver la gravité de ses actions avec le savon.
Je l’ai regardée, attendant une reconnaissance, une explication.
Mais le silence s’étendait, un fil tendu qu’aucun de nous n’osait couper.
Le parent lointain qui m’avait tiré de l’eau était parti peu après, offrant une brève pression rassurante de mon épaule avant de disparaître aux franges des rassemblements familiaux.
Leur présence avait été un baume, un rappel que la bonté pouvait venir d’endroits inattendus.
Pourtant, aussi reconnaissante que j’étais, elle ne pouvait pas combler le vide laissé par les actions de ma mère.
