C’était un mardi calme et frais à l’épicerie de la petite ville, juste avant midi.
J’étais en ligne derrière une vieille femme fragile à la caisse, embrayant un sac en toile usée et comptant lentement des sous pour payer un seul pain.
La caissière, un trente-quelque chose avec un tranchant aigu à sa voix, riait sous son souffle, assez fort pour que tout le monde puisse entendre.
Tout le monde regarda ailleurs ou regarda nerveusement leurs chariots.
Ce moment est resté avec moi, pas seulement le rire, mais quelque chose de plus profond.
Quand j’ai remarqué que le sac de la vieille femme était exceptionnellement lourd et serré, je me suis rendu compte que son voyage n’était pas juste à propos de pain ou de base.
Ce qui m’a perturbé, c’était l’attitude de la caissière, comme s’il possédait l’endroit et tout le monde dedans.
Personne n’a parlé.
La vieille femme n’a pas protesté, bien que ses mains tremblaient alors qu’elle brouillait avec ses pièces.
Je voulais intervenir mais sentis que j’étais déjà pris dans des lignes invisibles que je ne pouvais traverser.
Mes journées se déroulent en routine : équilibrer un travail à la quincaillerie voisine avec mes responsabilités à la maison.
Bills, courses, réparation du toit.
Je suis habitué au poids des petits soucis, la mouture tranquille qui ne change pas.
Pourtant, ce moment dans la ligne d’épicerie tranché à travers mon ordinaire, agitant les questions lâches sur qui est rejeté ou diminué.
La dynamique du pouvoir est claire : la caissière a le pouvoir de contrôler le rythme, de se moquer sans crainte de conséquence.
Le directeur de l’épicerie, une femme sévère qui fait le tour des employés de temps en temps, surveille surtout les vols ou les mess, et non la façon dont le personnel traite les clients.
La vieille femme, fragile et angoissée, n’avait aucun effet de levier, mais pouvait porter des charges beaucoup plus lourdes que les pièces de monnaie.
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