Il y a deux mois, ils ont publiquement interrogé ma filiation auprès de parents éloignés lors d’un rassemblement familial.
Le mois dernier, il y avait des lettres d’avocats disant que je n’avais pas de droit à la succession familiale.
Chaque étape resserrait un nœud d’aliénation autour de moi, et pourtant je restai là en attendant l’audience qui pourrait régler ce qui se sentait instable en moi.
Maintenant, avec l’ouïe du matin qui se profile, je me branlais.
Je n’avais pas vu mes parents depuis qu’ils m’avaient renié dans leurs déclarations.
J’évitais le téléphone, les mails, le silence des amis de la famille.
Les prochaines heures pourraient ouvrir des plaies profondes ou enfin apporter un certain soulagement, mais je ne sentais que le poids de l’incertitude pressant plus fort.
Le trajet en bus et cette petite gentillesse imprudente me sont restées, un rappel fragile que peut-être, peut-être, quelque chose d’inattendu pourrait encore changer cette histoire brisée — bien que je n’étais pas encore prêt à le croire.
Je suis sorti du bus à mon arrêt, le palais de justice se profilant grand et impersonnel.
Mon coeur s’est percuté dans ma poitrine alors que je montais les marches, chacun se sentant comme une montagne.
