Dans la foulée d’une séquence déjà tendue, Delphine Ernotte choisit de sortir de sa réserve habituelle. Invitée sur le plateau de « Quotidien » face à Yann Barthès, la PDG de France Télévisions ne se contente pas de répondre : elle attaque frontalement. Sans détour, elle s’en prend à la chaîne CNews, adversaire déclaré du groupe public, et pointe du doigt une contradiction que beaucoup murmurent mais que peu osent dire à voix haute. « Ceux qui se revendiquent soi-disant de la liberté et qui nous expliquent ce qu’on doit faire, ce qu’on ne doit pas faire, ce qu’on doit dire… En fait, ce sont les vrais censeurs », lâche-t-elle d’un ton implacable.

Ce coup de griffe vise au cœur un débat brûlant : qui, dans le paysage audiovisuel français, détient le monopole du discours ? Delphine Ernotte revendique une ouverture totale : « Nous, à France Télévisions, on invite tout le monde. Il n’y a pas de débat là-dessus. On publie la liste de nos invités. On s’adresse à tout le monde. » La défense est ferme, presque solennelle, comme pour répondre à des critiques récurrentes sur le manque de pluralisme.
Accusée d’être « woke » par certains journalistes, la patronne de France Télévisions ne se dérobe pas. Avec une pointe d’ironie, elle retourne l’argument : « C’est l’arroseur arrosé. Je me demande s’il n’est pas un peu woke. » Cette réplique, cinglante, révèle à quel point le terme est devenu une arme dans l’arène médiatique. Derrière le mot, c’est tout un clivage qui s’exprime, entre ceux qui prônent l’inclusion et ceux qui dénoncent une forme de radicalité.