26 juillet 2026 Feed v2

Virus d’Epstein-Barr : comment ce microbe présent chez 95% des adultes déclenche le lupus en détournant les cellules immunitaires

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Image d'illustration © Buzzday
Image d’illustration © Buzzday

Le Virus Qui Dort En Nous Tous, Suspect Numéro Un Du Lupus

La scène est glaçante : 95% de la population mondiale porte en elle, à vie, le même virus. Tapi dans nos cellules immunitaires depuis l’enfance ou l’adolescence, il attend. On l’appelle le virus d’Epstein-Barr, responsable de la mononucléose infectieuse, cette « maladie du baiser » qui cloue au lit pendant des semaines. Mais son vrai visage vient d’être démasqué par une équipe de l’Université de Stanford : ce passager clandestin pourrait déclencher le lupus érythémateux systémique, une maladie auto-immune dévastatrice.

Pour la première fois, les chercheurs établissent le lien direct entre ce virus quasi universel et la maladie qui frappe 5 millions de personnes dans le monde. Neuf malades sur dix sont des femmes. Pour 5% d’entre elles, le diagnostic équivaut à une condamnation : le lupus met leur vie en danger.

« Le seul moyen d’éviter le virus d’Epstein-Barr, c’est de vivre comme dans une bulle », déclare le professeur William Robinson, immunologue et rhumatologue à Stanford. « Si vous avez mené une vie normale, vous avez près de 20 chances sur 1 d’être infecté ». Une fois installé dans nos lymphocytes B, ces globules blancs chargés de fabriquer nos anticorps, il devient indélogeable. Aucun symptôme visible, mais une présence permanente.

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Le virus dort. Mais chez certains, il se réveille en monstre.

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Quand Le Corps Se Retourne Contre Lui-Même

Le réveil du virus déclenche un cauchemar médical. Dans le lupus érythémateux systémique, le système immunitaire perd la raison : il attaque les noyaux des propres cellules du patient. Fatigue si intense qu’elle cloue au lit, douleurs articulaires qui paralysent, éruptions cutanées en forme de papillon sur le visage. Mais le pire reste invisible.

Les lymphocytes B autoréactifs, normalement silencieux, s’activent brutalement. Ils fabriquent des « anticorps antinucléaires » qui se lient aux protéines et à l’ADN à l’intérieur du noyau de nos cellules. Ces missiles biologiques ravagent aléatoirement l’organisme : la peau se couvre de plaques, les articulations s’enflamment, les reins se détériorent, le cœur et le cerveau subissent des attaques sournoises. Puisque presque toutes nos cellules possèdent un noyau, aucun organe n’est épargné.

« Cette étude marque un progrès très important dans la compréhension de la maladie », souligne Alexis Mathian. Car pendant des décennies, les médecins ont observé les poussées succéder aux périodes d’accalmie sans comprendre le déclencheur. Pourquoi le corps s’auto-détruit-il soudainement ? Pourquoi s’arrête-t-il parfois, avant de recommencer ?

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