À l’occasion du mois de sensibilisation au cancer de la vessie qui débutera en mai, l’Association Française d’Urologie (AFU) a rappelé le premier signe d’alerte de ce cancer, ses facteurs de risque et sa prise en charge.
Chaque année en France, 20.000 nouveaux cas de cancer de la vessie sont recensés. Il s’agit du 5e cancer le plus fréquent dans l’Hexagone. Malgré ces chiffres inquiétants, ses symptômes et ses facteurs de risque restent encore méconnus du grand public.
Il existe pourtant “un symptôme d’alerte majeur” du cancer de la vessie, comme l’a souligné le Dr Benjamin Pradère, chirurgien urologue, lors d’une conférence de presse de l’Association Française d’Urologie (AFU) qui s’est déroulée ce 27 avril 2026, à l’occasion du mois de sensibilisation au cancer de la vessie qui débutera en mai.
La présence de sang dans les urines, premier signe d’alerte du cancer de la vessie
Le cancer de la vessie est quatre fois plus fréquent chez les hommes, mais il touche aussi les femmes. Dans les deux cas, le premier signe d’alerte est l’hématurie, à savoir la présence de sang dans les urines, dans 80 à 90 % des cas. Comme l’indique l’AFU, 64% des Français ignorent qu’il s’agit d’un symptôme de ce cancer. Or, “le sang dans les urines n’est jamais normal”, a précisé le Dr Benjamin Pradère avant d’ajouter que “quand on a du sang dans les urines, il faut consulter le plus rapidement possible”.
Sensibiliser le grand public à ce signe d’alerte a pour but de diagnostiquer le cancer de la vessie de façon précoce, autrement dit dans les trois mois. “Quand il est pris à temps, 80% des patients vont survivre à 5 ans”, a souligné le Dr Benjamin Pradère. Si le cancer de la vessie a un très bon pronostic lorsqu’il est pris en charge de façon précoce, les chances de survie passent à 50% à 5 ans lorsqu’il est pris plus tardivement. A noter qu’il existe un retard de diagnostic chez les femmes, notamment parce que l’hématurie peut conduire à un diagnostic erroné d’infection urinaire, précise le Pr Yann Neuzillet, chirurgien urologue.
Une prise en charge précoce est donc indispensable, d’autant que, comme le souligne le Dr Benjamin Pradère, une “véritable révolution en uro-oncologie” est en cours en ce qui concerne la prise en charge du cancer de la vessie, grâce à de nouvelles molécules et de nouveaux moyens de les administrer.
Le tabac constitue le principal facteur de risque du cancer de la vessie
Les facteurs de risque du cancer de la vessie sont également méconnus. Le premier n’est autre que le tabac, qui serait responsable de 53% des cas chez les hommes et 39% chez les femmes. Comment l’expliquer ? “Les substances toxiques du tabac sont éliminées par les reins et passent par la vessie, où elles peuvent endommager les cellules”, peut-on lire sur le site de l’AFU.
Cependant, 50% des hommes et un tiers des femmes touchés par un cancer de la vessie n’ont jamais fumé, précise le Pr Yann Neuzillet. C’est pour cette raison que l’AFU appelle à “mieux cerner les facteurs de risque en dehors de l’exposition tabagique et professionnelle (amines aromatiques)”.
Pour prévenir le cancer de la vessie, il convient d’agir sur les facteurs de risque, en arrêtant de fumer et en limitant l’exposition aux substances toxiques, notamment dans le cadre professionnel. Surveiller ses urines est également indispensable. Le Pr Yann Neuzillet rappelle aussi que “boire de l’eau, c’est nettoyer sa vessie” et souligne ainsi l’importance de bien d’hydrater au quotidien en consommant 1,5 à 2 litres d’eau par jour.
Le cancer de la vessie “n’est pas rare, c’est juste que l’on en parle pas assez”, souligne l’Association Française d’Urologie.